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L’ennui sur RFI et le savoir de surcroît

Il y a quelques semaines, j’ai enregistré une émission sur RFI (émission entière ici) aux côté de Manon Bril (je pense que c’est un jeu de mots, sinon ses parents sont vraiment des petits filous) de la chaîne C’est une autre histoire et Léo Grasset de la chaîne Dirty Biology. Le thème de l’émission était « La vulgarisation des savoirs sur internet ». Et comment vous dire l’ennui profond que j’ai ressenti durant cette émission, que pourtant, j’étais en train d’enregistrer ! C’est quand même le comble. Le ton, un peu chiant. Le contenu, absolument pas novateur. Les questions, sur les partenariats, la communauté, la vision de Youtube par les médias et très vite le métier de youtubeur, avec en exemple Cyprien (qui, il faut le dire est un grand vulgarisateur de savoir, j’en ai perso rien à foutre mais je vois pas le rapport avec la choucroute), comment gagner de l’argent, est-ce qu’on est une caution intellectuelle sur YouTube par rapport  à d’autres qui pourraient dire n’importe quoi.

Je ne vais pas être de trop mauvaise foi. Je pense qu’en fait je n’avais rien à faire là. Cette émission ne rentrait pas du tout dans ma ligne éditoriale. Oui je suis diplômée, oui je suis reconnue par mes pairs, et alors ? Je raconte peut-être de la grosse merde ! Le blablabla sur avec qui on travaille. Y a-t-il une brèche pour le savoir, le savoir devient-il swagg ? …… Attention à la posture, ai-je envie de répondre… Est-ce que ce créneau plait? est porteur? en gros y a-t-il des clients ? Mets donc moi 5 étoiles, note-moi sinon je vais mourir de tristesse. (Voir l’épisode 1 de la saison 3 de Black Mirror, pour comprendre cette référence, série que par ailleurs je ne conseille pas vraiment, mais cet épisode vaut quand même le coup)

En fait, en sortant de là, je m’en suis voulu. Pas d’avoir accepté mais d’être entré dans le ton de l’émission, même si j’ai pu placer deux trois conneries. Il y a du boulot pour subvertir une place et une position. Le moule se rappelle à nous, la norme, la bien-séance, la politesse sociale et après tout la flatterie d’avoir été invitée. j’ai été débordée par la flatterie que cela m’a procuré. Ce putain d’ego ! Alors qu’au fond, à la plupart des questions, j’avais envie de répondre « sincèrement tes questions je m’en balance ». D’ailleurs à un moment l’animateur a noté que j’avais l’air accablé ahahah. Mais oui ! car je veux parler de l’accès au savoir, de problématiques autres dans notre société que de comment fonctionnent techniquement nos trois chaines YouTube, est-ce que vraiment les gens en ont quelque chose à foutre de savoir qu’on a des partenariats, du challenge qu’on s’est auto-lancé, de cette aventure incroyable qu’est la sphère YouTube, de combien on gagne et du nombre de commentaires qu’on reçoit ?

J’insiste sur le fait que c’est mon ressenti et qu’après tout je ne m’en prends qu’à moi-même. Je m’en veux parce que je me suis laissé prendre au jeu de perdre mon éthique à ce moment, au sens éthique du sujet, me suis sentie fausse, bonne élève, et ça bah, je peux pas en vouloir aux autres ! J’aimerais un jour avoir l’audace gainsbourgienne de répondre à côté de la plaque quand j’estime que ça ne sert pas mon message.

Je transmets ce qui peut se transmettre, qu’est-ce à dire ? pas grand chose. Le mot porte la trace du manque. Ca parle mais ça manque surtout !

Et… le savoir de surcroît (comme l’a si bien interprété une amie l’autre jour à propos de ce que j’essaie de faire sur ce putain de YouTube)

Sur ce. Très bonne soirée les gens !